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Lutte de pouvoir

Nouvel organe électoral : Simone, les autres et le déni

L'opposition ivoirienne tente à nouveau de parler d'une seule voix après deux scrutins qui ont entériné ses divisions. Grâce à Simone Gbagbo, qui a créé une coalition qui rêve d'imposer un Haut conseil électoral (HCE) au gouvernement qui, lui, prévoit une commission à trois têtes.

Jeanne Tétiahonon | 11 septembre 2026 | Page 5

Simone Gbagbo répond aux questions des journalistes après la réunion au siège du PDCI
Simone Gbagbo répond aux questions des journalistes après la réunion au siège du PDCI

En réalité, les débats n'en valent pas la peine qu'ils soient poursuivis tant le gouvernement est dans son droit. Une commission électorale, fût-elle celle qui est censée régler les nombreux conflits électoraux qui ont endeuillé le pays à de multiples reprises, ne peut qu'émaner du gouvernement qui dirige les affaires du pays.

Dans ces conditions, le seul moyen qui s'offrait à l'opposition était de retoquer le projet de loi au parlement ou de l'amender au besoin. Sauf que depuis la fin des législatives, le poids de l'opposition s'est réduit comme peau de chagrin. Ainsi, le PDCI avec ses 32 députés fait figure de seule force alternative face aux 192 députés du RHDP de base, rejoints depuis par une vague de parlementaires indépendants soucieux de militer au sein du parti présidentiel.

Or plutôt que de se contenter d'avoir le regret amer, la coalition de Simone Gbagbo est convaincue qu'elle peut imposer un Haut conseil électoral au gouvernement, à la place de l'ancienne CEI dont la liquidation a officiellement débuté. L'argument de l'ex-Première Dame est que si c'est l'Assemblée nationale qui vote le nouvel organe électoral, celui-ci n'aura pas de légitimité puisque l'opposition y est minoritaire.

Et même si cet argument est assez renversant, la présidente du Mouvement des générations capables multiplie les rencontres pour permettre à l'opposition de parler d'une seule voix sur ce sujet. L'ex-Première Dame s'est même rendue au siège du PPA-CI, qu'elle franchissait pour la première fois en raison du contentieux familio-politique qui persiste entre elle et son ex-mari.

Simone et Affi dans le même bateau

Avant de se rendre au PPA-CI, Simone Gbagbo avait réussi à rallier Affi N'Guessan, avec qui ses rapports n'ont pas toujours été bons. Par ailleurs, le président du FPI a pris la tête de la coalition créée par Simone Gbagbo avant les élections présidentielles et dont elle a finalement démissionné. Les deux hommes semblent totalement en phase désormais et, après la rencontre avec le parti de Laurent Gbagbo, chacun d'eux a dirigé la délégation de sa coalition pour discuter avec le PDCI.

Selon le compte-rendu qui en a été fait, l'opposition enregistre une certaine unité de pensée sur l'érection d'un nouvel organe électoral. D'après Simone Gbagbo, les échanges ont montré une unité de vues sur la réforme souhaitée du système électoral en Côte d'Ivoire.

Sauf que le gouvernement n'a pas l'air de vouloir modifier sa stratégie sur ce sujet. Selon le Premier ministre Beugré Mambé, qui a rencontré le 22 juin dernier une partie des acteurs politiques et l'ensemble de la société civile, le prochain organe électoral aura trois têtes.

À savoir un premier organe chargé de l'organisation matérielle des élections, qui se chargera de la logistique et de la mise en œuvre pratique des scrutins, notamment du recensement et de la centralisation ; le deuxième de la gestion du fichier électoral, du recensement des suffrages et du décompte des voix ; et enfin le troisième, qui surveillera la régularité et la transparence de l'ensemble du processus.

Le principe des réalités voudrait donc que l'opposition comprenne qu'elle a perdu ce combat le jour où sa participation aux élections législatives a fait pschitt. Mais visiblement, Simone et ses camarades ont la poitrine gonflée d'espoir.

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