Pharmacopée
Les produits zézépagnon interdits à la vente et à la publicité
Alors que ses produits baptisés thé miracle sont en pleine expansion, le Pr. Alain Tagro vient de subir son premier grand revers avec le communiqué de l’autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP) qui ne reconnaît pas son grade de professeur et encore moins l’efficacité des produits zézépagnon qu’il a inventés.
Jeanne Tétiahonon | 16 septembre 2026 | PAGE 5
C’est un coup d’arrêt pour l’ivoirien d’une quarantaine d’années qui affirme avoir étudié aux Etats-Unis, dans des universités réputées, l’immuno-thérapie ainsi que de nombreuses plantes qui lui ont permis de créer le zézépagnon (faiseur de miracles en langue bheté) qui guérit de nombreuses maladies dont celles à qui la médecine traditionnelle ne trouve pas de solution. Le Pr. Tagro organise régulièrement des séminaires payants au cours desquels il explique le trajet du sang dans le corps mais aussi les maladies que son thé miracle guérit. Et pour l’heure, malades et parents de malades sont conquis puisque les nombreux témoignages attestent plutôt de l’efficacité de son remède à la fois pour guérir du diabète, du cancer et de diverses infections et maladies invalidantes. Mais alors que le zézépagnon est en plein expansion, l’autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP) n’est pas convaincue de son efficacité. Elle doute même de la qualité de professeur de l’inventeur.
#Interdits à la vente# Dans une note d’information partagée à tous les acteurs de la santé et en particulier au ministre de tutelle, l’AIRP les informe de la circulation et de la commercialisation desdits produits « zézépagnon » dits médicaments alors que « ces produits n’ont fait l’objet d’aucune évaluation scientifique ni d’aucune autorisation de mise sur le marché (AMSM) délivrée par les autorités sanitaires compétentes », dit la note d’information destinée au grand public. Par conséquent, leur fabrication, leur importation, leur distribution, leur vente, leur promotion sont formellement interdites et strictement illégales », souligne la note. Cette note d’information est également assortie d’une « alerte » appelant « à faire attention aux fausses promesses » relativement aux produits « zézépagnon » vendus et vantés par un certain M. Tagro Kalou (qui se fait appeler professeur Tagro) (et qui) tournent en ce moment en Côte d’Ivoire ». Ces communiqués et alertes ne détruisent pas seulement la réputation du « zézépagnon » mais aussi celle de son volubile inventeur. Flambeur et bon communicateur, le Pr. Tagro a réussi en si de temps à imposer ses thés miracle, au gré de ses séminaires et sorties polémiques sur les réseaux sociaux.
#Pas de garantie# Mais pour l’AIRP, ces produits n’offrent aucune garantie de guérison puisqu’ils n’ont pas été testés scientifiquement conformément à la loi. Alors, en plus de les interdire formellement, l’autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique met en garde en indiquant que prendre ces produits, c’est prendre des risques inutiles parce que ce sont des produits non homologués ». Face à ce coup de massue, la MAP, la société qui fabrique les produits « zézépagnon » a préféré faire profil bas dans un communiqué d’apaisement dans lequel elle assure que ses produits ne sont pas des médicaments mais de la pharmacopée. Elle affirme en outre son attachement à la loi, raison pour laquelle la société dit avoir mené de nombreuses démarches de conformité. La société assure, à cet égard, disposer d’éléments probants démontrant que les produits « zézépagnon » sont sûrs et non toxiques. La MAPA dit par ailleurs disposer d’un certificat d’analyse LNS n° 0728_2025 du 13 mai 2025 et d’un certificat indiquant la conformité du produit aux spécifications de la Pharmacopée Européenne, 8è édition en plus de disposer de documents et éléments au niveau de la sous-région qui seront déposés devant l’autorité de régulation. En attendant et conformément à la note de l’AIRP, la société informe que « toute publicité et toute promotion relative au produit « zézépgnon » sont suspendues, ainsi que les ventes périphériques. En revanche, les bureaux MAPA restent ouverts dans les sièges habituels de Cocody et Yopougon où les patients et collaborateurs peuvent continuer à se rendre pour leurs besoins et demandes d’informations.
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