Koumassi-campement
L’enquête se resserre autour du député de Gouméré-Tabagne
Le procureur de la République affirme avoir saisi la procureure générale pour lever l’immunité parlementaire du député de Gouméré-Tabagne, devenu le trognon d’un déguerpissement qui avait mis à la rue des milliers d’habitants de Koumassi-Campement.
Redaction | 16 septembre 2026 |
M. Koné Braman promet de poursuivre son enquête afin de comprendre si le déguerpissement du quartier Koumassi-Campement a respecté toutes les caractéristiques du plan Orsec, Organisation de la Réponse de Sécurité Civile en Côte d'Ivoire qui est un dispositif d'organisation des secours et de gestion des catastrophes. Il est conçu pour coordonner les moyens publics et privés face à des situations d'urgence grave et est supervisé et déclenché par le ministre de l'intérieur et de la sécurité, qui possède seul l'initiative de son activation à grande échelle avec un droit de réquisition. Le plan Orsec permet d’optimiser la célérité et la coordination des interventions pour protéger les populations, les biens et l'environnement en cas de catastrophe naturelle ou technologique. Initialement encadré par le décret n° 79-643 du 08 août 1979 portant organisation du plan de secours à l'échelon national en cas de catastrophes, le plan Orsec a été actualisé à travers divers textes réglementaires sur les plans de secours gérés par l'Office National de la Protection Civile (ONPC). Selon le procureur de la République, le ministre-gouverneur, Cissé Bacongo, a affirmé que le déguerpissement a été fait dans le cadre de ce plan qu’il examine en profondeur pour voir s’il a été remplacé. En attendant, l’enquête se resserre autour du député de Gouméré-Tabagne parce qu’il aurait emprunté la somme de sept millions à un administrateur des affaires administratives et financières de la place pour financer ce déguerpissement.
Un faire-valoir En conséquence, Jacques Alloui Brou, l’homme qui avait fait sensation sur les réseaux sociaux en endossant la responsabilité des démolitions du quartier Koumassi-campement n’aurait été qu’un faire-valoir puisqu’il ne disposait d’aucune réquisition et que c’est à la demande de son fils aîné qu’il est allé assumer la paternité dudit déguerpissement, a indiqué le procureur de la République qui dit poursuivre ses investigations. Le député de Gouméré/Tabagne aurait par ailleurs joué un rôle déterminant pendant le déguerpissement en assurant sa coordination et son financement principal. C’est encore lui qui, selon le procureur de la République, a obtenu une procuration pour suivre la procédure judiciaire. Bref, M. Koné Braman affirme disposer d’« éléments sérieux et concordants » concernant ce député même s’il refuse, à ce stade, de dévoiler toutes ses cartes au nom du secret de l’instruction. Cette conférence de presse a mis hors de cause Jacques Aliou Brou. Le concerné se porte d’ailleurs très bien, a souligné le procureur. Jacques Alloui se trouve d’ailleurs dans un lieu sécurisé parce que son maintien en détention ne s’explique plus que par des considérations de sécurité. « Le laisser rentrer chez lui dans ce contexte pourrait le livrer à une forme de vindicte populaire », a poursuivi Koné Braman qui entend aussi le confronter à d’autres prévenus, lors des différentes étapes de la procédure. En attendant, Jacques Alloui reçoit régulièrement la visite de son épouse et de ses enfants, a assuré le procureur. D’ailleurs, lui-même ferait partie des visiteurs réguliers du vieil homme, le parquet étant convaincu que grâce à lui, les investigations vont aider à déterminer les responsabilités de chacun et d’établir le cadre juridique exact dans lequel l’opération a été menée. Sévérine Blé
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